Waouh ! Les culottes menstruelles sont remboursées, c'est génial…
Ou pas tant que ça ! C'est une bonne nouvelle, oui, que la santé féminine et l'impact environnemental de nos règles sont enfin au cœur du débat public. En effet, le nouveau décret français, publié en avril 2026, est une étape historique ! Il prévoit (enfin) de rembourser certaines protections périodiques réutilisables dès la rentrée universitaire 2026.
Chez La Bande à Anna, nous saluons cette avancée qui rend le réutilisable plus visible. Cependant, derrière l'effet d'annonce, le dispositif est très encadré et reste extrêmement limité.
Ici, on vous détaille ce que ce décret change concrètement pour vous et comment gérer au mieux votre budget "règles".
Ce que prévoit réellement le décret 2026
Le Décret n° 2026-288 du 17 avril 2026 concerne la prise en charge par l'Assurance Maladie des protections périodiques réutilisables. C'est en application de l'article L. 162-59 du code de la sécurité sociale, une loi qui date du 26 décembre 2023.
Ce nouveau décret précise les conditions et les modalités pour bénéficier d'une prise en charge ou d'un remboursement des protections menstruelles, et voici les points clés à retenir :
-
Les produits concernés : seules les coupes (cups) et les culottes menstruelles sont incluses dans le dispositif.
-
Le public cible : les personnes réglées de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) sans limite d'âge.
-
Le montant : un remboursement de 55 % à 65 % pour les moins de 26 ans (le reste peut être couvert par la mutuelle) et une prise en charge intégrale pour les bénéficiaires de la C2S.
-
Le circuit : l'achat devra se faire impérativement en pharmacie d’officine.
Pour les produits concernés, personnellement, on valide la culotte menstruelle comme une solution pertinente (même si nous ne serons jamais d'accord sur l’argument marketing des 12 h de port…).
Mais nous sommes beaucoup plus réservées quant à l'usage de la coupe menstruelle, une "solution" qui pose de vraies questions de sécurité et d'hygiène.
Le vrai point faible du dispositif : la limite des "2 produits"
Suivant ce décret, la prise en charge est limitée à 2 produits par an. En réalité, avec un remboursement de 55 % à 65 % pour les moins de 26 ans, cette aide couvre à peine le coût d'un seul produit complet. C'est un premier pas encourageant, mais on reste loin d'une solutiond suffisante pour s'équiper sur tout un cycle.
Et toutes les marques de culottes le reconnaissent : pour couvrir un cycle correctement, il faut déjà prévoir au minimum 5 à 7 culottes menstruelles, selon le flux et le temps de séchage.
Honnêtement, ce minimum demande encore une organisation très serrée : rincer, laver et faire sécher en continu pour ne pas tomber à court. Pour une vraie marge de confort, il est plus réaliste de compter entre 10 et 15 culottes.
Et ce n'est pas tout ! Dans la pratique, pour concilier confort et santé sans faire de compromis, vous aurez besoin d'une réserve de 16 à 25 culottes. Voici pourquoi :
-
L'hygiène : les professionnels de santé recommandent de changer de protection dès qu'elle est saturée, avec un port maximal de 4 à 6 heures en journée
-
Le confort logistique : qui aurait envie de faire plusieurs machines pendant les règles ? C'est une charge mentale dont on se passerait bien
-
Votre profil unique : la durée du cycle, les besoins pour la nuit et l'intensité du flux font varier les besoins d'une femme à une autre
Vous vous en doutez : avec seulement deux culottes remboursées par an (et une aide qui couvre à une seule protection complète), on voit très vite les limites :
-
Vous ne tenez pas une journée complète (parce que vous aurez besoin de changer de protection)
-
Vous n'avez pas de solution pendant que vos 2 culottes sèchent (et c’est souvent long)
-
Vous devez financer vous-même le reste de votre stock, au prix fort
Achat en pharmacie uniquement ? C’est pourtant là où les cups et les culottes menstruelles coûtent le plus cher…
Quelle est donc l'option la plus avantageuse pour vous ?
Le remboursement de deux culottes, qui revient à financer à peine plus d'une seule protection complète avec une prise en charge de 55 à 65 %, est un premier pas, certes... mais on doit toujours gérer la question de budget et de praticité.
Comment se protéger pendant les règles sans se ruiner ni se compliquer la vie ? Analysons le tout ensemble !
1. Le coût réel des protections
Le prix reste le nerf de la guerre, puisqu'ici, justement, on s'intéresse au remboursement de la culotte menstruelle et des autres alternatives que vous pouvez adopter.
Une culotte menstruelle de qualité coûte en moyenne entre 25 € et 40 €. Même avec 2 culottes remboursées, il vous en manque au moins 4 pour finir votre cycle. Le reste à charge devient vite un obstacle.
La cup, elle, est très souvent présentée comme l'option la plus économique, mais la réalité est moins rose pour plusieurs de ses utilisatrices. Eh oui ! Son coût réel peut cacher quelques surprises.
Il n'est pas rare de devoir tester plusieurs marques, plusieurs tailles, plusieurs formes ou plusieurs rigidités avant de trouver une cup qui vous convient vraiment. Et quand elle provoque une gêne, des fuites, une difficulté de retrait ou un inconfort, elle finit souvent au fond d'un tiroir.
En scrutant les avis sur les cups menstruels, il y a aussi beaucoup d'utilisatrices qui gardent une protection externe en complément, par sécurité. Résultat : on croit acheter une solution unique et économique, mais on peut rapidement se retrouver à acheter plusieurs cups, des accessoires d'entretien et d'autres protections en parallèle. Le prix de départ est bas, c'est vrai, mais si le produit n'est pas adapté, il ne sert tout simplement pas.
A l'inverse, chez La Bande à Anna, notre approche permet de s'équiper suffisamment pour un investissement maîtrisé. Avec notre Pack Trio (et en appliquant le code G3 pour 2 articles achetés le 3ème offert) par exemple, vous avez 27 protections pour 110 € seulement, soit 4,07 € par pad menstruel.
C’est un calcul très simple : pour le prix de 3 ou 4 culottes non remboursées, vous pouvez vous constituer une vraie rotation de pads menstruels lavables, pensée pour vous accompagner mois après mois pendant plusieurs années, sans devoir racheter de protections à chaque cycle.
2. Se changer en extérieur ?
On peut sous-estimer l'aspect pratique des protections… jusqu'au moment où on doit se changer hors de chez soi. Changer une culotte menstruelle au travail, à l’école ou dans des toilettes publiques peut rapidement devenir un vrai défi : il faut parfois retirer ses chaussures, son pantalon ou ses collants !
C'est encore plus compliqué quand l'hygiène des lieux laisse à désirer (et c'est souvent le cas). Les cabines peuvent aussi être étroites et peu adaptées à ce type de manipulation.
Même les culottes menstruelles détachables, plus pratiques que les modèles classiques, restent des sous-vêtements absorbants.
Avec ces modèles de culottes de règles, le problème du changement est amélioré, mais le prix, la taille, la rotation, la durée de vie et le budget total restent nettement en faveur du pad.
Et vider et nettoyer sa cup menstruelle quand on n'est pas à la maison est encore plus problématique. Sans parler de la nécessité d’un point d’eau pour rincer la cup, ce n’est pas évident d’avoir les mains propres (alors que ça sera en contact direct avec la flore vaginale…).
Le pad, lui, ne demande aucune manipulation interne : après l’avoir changé, vous le pliez et le glissez dans sa pochette hermétique. C'est simple et c'est très vite réglé.
3. Couvrir tout un cycle
La rotation est la clé du zéro déchet, sinon les solutions réutilisables deviennent vite contraignantes. Avec seulement 2 culottes menstruelles, vous passez votre temps à les laver et à attendre désespérément que le tissu sèche. Et ça peut prendre des journées entières.
En choisissant les pads, vous avez assez de pièces pour tenir tout votre cycle. Ça laisse à vos protections le temps de sécher naturellement sans jamais vous retrouver à court de solution. L’avantage aussi, c’est que le temps de séchage de la fibre de charbon de bambou qui compose nos pads est aussi plus rapide comparé à beaucoup d’autres matières.
4. Hygiène et santé
C'est très important de différencier la capacité d'absorption et l'hygiène. Du sang qui stagne trop longtemps favorise les bactéries et les irritations, et la promesse d'une protection "jusqu'à 12h" n'est finalement pas hygiénique. Pour votre santé intime, vous devez changer de protection toutes les 4 à 6 heures maximum en journée, même si ce n'est pas encore saturé.
La nuit, c’est différent. En position allongée, le flux s’écoule plus lentement et se répartit autrement. Tant que la protection n’est pas saturée, elle peut être portée plus longtemps pour dormir.
Grâce à l'accessibilité de nos pads en terme de prix, vous disposez d'un stock suffisant pour assurer la rotation. Vous ne subissez plus votre protection, vous la gérez en pensant à votre santé sur le long terme, votre flux et vos besoins réels de confort et de fraîcheur.
Le piège des "12 heures"
La culotte menstruelle peut être une alternative intéressante, et nous ne remettons pas en cause son principe. Ce que nous remettons en question, c’est la promesse du "jusqu’à 12h". Ce chiffre est présenté comme un avantage alors qu'il répond surtout à deux contraintes :
-
La logistique : la difficulté de se changer en extérieur
-
Le budget : le coût élevé d'un équipement complet
Vous faire porter une culotte menstruelle pendant 12 h ? C'est du marketing, mais ce n'est pas du tout hygiénique. On vous partage donc notre position : on ne veut pas remplacer les problèmes des protections jetables par une mauvaise utilisation des protections réutilisables.
Une protection réutilisable doit être pratique, économique, confortable, mais aussi utilisée comme il faut. Pour votre santé intime, en journée, le changement doit rester régulier (toutes les 4 à 6h max), ce qui rend la culotte difficile à gérer sans un stock important.
… Mais nous ne validons pas la cup
Quant à la cup, nous avons fait le choix de ne pas la soutenir, et voici pourquoi :
-
Menace invisible mais réel : pour la cup, le risque de choc toxique ou SCT (qui est mortel en passant) est bien présent et ne doit pas être négligé. On peut vite oublier qu'on a toujours sa cup quelques temps après l'avoir insérée (surtout le dernier jour des règles).
-
Infections : dans des toilettes étroites, sans lavabo et sans savon, avoir les mains propres avant de manipuler la cup pour la vider n'est pas évident. L'hygiène peut être douteuse, alors qu'on doit toucher une zone hyper sensible.
-
Inconfort et gênes possibles : en parcourant les avis sur la cup menstruelle, on se rend vite compte que les pressions sur la vessie ou le rectum sont assez fréquentes. Il y a aussi les crampes ou la pression permanente à cause de la présence d'une protection interne.
-
Peut accentuer certaines douleurs : pour certaines femmes qui ont déjà de règles douloureuses, d'endométriose ou d'hypertonie pelvienne, la protection interne, et donc la coupe menstruelle, peut accentuer les crampes et les tensions.
-
Effet inondation : si ce n'est pas la bonne taille ou si c'est mal positionné, la cup peut fuir pendant des heures sans que la personne s'en rende compte. Et les fuites peuvent être plus brutales qu'avec une protection externe, puisque le sang peut couler d'un coup.
-
Une solution pas toujours aussi simple qu'on le promet : entre les achats répétés avant de trouver le bon modèle, la stérilisation, le respect du temps de port, les risques de fuite et l'effet ventouse, la cup menstruelle peut être une vraie source de stress en plus pendant les règles.
C’est bien inclus dans le décret d’avril 2026, et donc le remboursement de la cup menstruelle par l’Assurance Maladie est confirmé. Mais pensez-y à deux fois avant de tester cette alternative.
5. Une stabilité face aux changements de vie
Une culotte dépend de votre morphologie, et une cup de votre anatomie. Le pad, lui, est universel. Que vous changiez de taille, que vous soyez en période de post-partum ou que vous achetiez une protection pour votre adolescente qui grandit, le pad est toujours efficace.
Il s'adapte à vos sous-vêtements classiques, et ça fait de lui un investissement durable sur plusieurs années, peu importe les aléas de la vie.
Pourquoi les pads menstruels ne sont pas pris en compte dans ce décret ?
Le décret d’avril 2026 concerne le remboursement les protections périodiques réutilisables qu'il décrit comme "des produits destinés à absorber ou collecter les flux menstruels, pouvant être lavés ou stérilisés et réutilisés".
En se basant sur cette définition, les pads menstruels lavables entrent bien dans l'esprit du texte. Mais le décret ajoute ensuite que, parmi ces protections, seules les coupes et les culottes menstruelles peuvent être prises en charge ou remboursées.
Chez La Bande à Anna, on s'est donc posé la question des raisons pour lesquelles les pads ont été écartés. Et on vous partage nos réflexions :
-
Une question d'image et de vocabulaire : les cups et culottes sont très médiatisées. Les pads, eux, peuvent encore subir cette fausse image vieillissante, et le remboursement des serviettes hygiéniques lavables passe encore au second plan. (On préfère d’ailleurs le terme "Pads" pour rompre ce cliché, puisque les pads sont des produits bien plus techniques, confortables et ultra-performants qui n'ont plus rien à voir avec les protections d'autrefois).
-
Visibilité politique : dire que les cups et les culottes sont remboursées est un message politique fort (et surtout facile à communiquer). Mais dans la pratique, 2 protections par an, et à concurrence de seulement 55% à 65 %, ne sont pas assez. Le décret actuel est plutôt une aide symbolique, si les pads permettent de s’équiper largement pour chaque jour du cycle.
-
La simplification administrative : limiter le dispositif à 2 catégories facilite la gestion de l'État. Intégrer les pads aurait nécessité de créer de nouveaux critères (systèmes d'attaches, inserts, dimensions…), ce que l'administration a probablement voulu éviter pour le lancement.
-
Le monopole du circuit pharmacie : le remboursement impose une distribution en officine. Or, si les cups et les culottes y sont déjà présentes, les pads sont plus visibles dans les boutiques écologiques ou via des marques spécialisées vendues en e-boutiques telle que La Bande à Anna.
-
La difficulté de standardisation : nos pads sont très modulables et adaptés à différents usages et flux (modèles Liberté, Tranquillité+, Stringa, etc.). Si cette richesse est un grand atout pour vous, c’est une complexité pour un système de remboursement qui cherche des produits basiques et uniformes.
-
La logique de "l'unité" vs "la rotation" : le décret rembourse 2 unités par an, alors que les pads sont disponibles en packs. Justement, l'intérêt des pads réside dans la rotation complète. Le système actuel finance donc un "échantillon", et non une solution d'autonomie totale comme celle que nous proposons.
-
Le défi des accessoires : les pads sont souvent utilisés avec des pochettes hermétiques et des inserts. Pour l'administration, "une culotte = un produit" est plus simple à comptabiliser qu'un système de protection intelligent et évolutif.
-
Une probable erreur de conception : et on insiste dessus ! Le décret définit les protections réutilisables de façon large, mais exclut une catégorie qui remplit tous les critères de santé, d'écologie, de durabilité et d'économie.
Le décret d’avril 2026 reconnaît l'intérêt des protections réutilisables, mais il oublie une solution pourtant évidente : les pads menstruels lavables, plus accessibles, plus modulables, plus simples à changer en journée, et mieux adaptés à une vraie rotation pour tout un cycle.
La Bande à Anna envisage les démarches possibles pour faire évoluer ce dispositif
Le décret actuel précise que, pour le moment, seules les coupes et les culottes menstruelles sont éligibles au remboursement. Les pads menstruels lavables, malgré leur efficacité prouvée et leur logique identique de réduction des déchets, ont été écartés du texte initial.
C'est pour cette raison que La Bande à Anna envisage les démarches possibles pour déposer un recours. Nous sommes convaincues que les avantages uniques des pads, surtout leur accessibilité financière pour les plus précaires et leur facilité d'usage en collectivité, n'ont pas été évalués lors de la rédaction de ce décret.
Ne pas inclure les pads, c'est priver de nombreuses femmes d'une option qui est pourtant l'une des plus pratiques et économiques du marché. Nous continuerons à porter votre voix pour que chaque femme puisse choisir la protection qui lui convient réellement, sans discrimination.
Conclusion
Le remboursement de 2 culottes est une première aide pour découvrir le réutilisable. Mais pour vivre vos règles sans stress, il vous faut une vraie rotation. La mise en vigueur de ce décret, à l’état actuel des choses, peut vous aider à acheter vos 2 premières protections, mais La Bande à Anna vous aide à vous équiper pour tout votre cycle.
En attendant l'évolution de la loi (que nous espérons vivement…), nous mettons tout notre cœur à vous proposer des protections saines, ultra-pratiques et accessibles à toutes.