Par Natacha C.
Comprendre les signes et les causes d'un déni de grossesse
Être enceinte sans le savoir, c'est un phénomène qui fascine autant qu'il inquiète. Mais comment est-ce possible ? Comment peut-on porter la vie pendant des mois sans avoir le moindre doute ?
Le déni de grossesse est pourtant bien réel et il peut toucher n'importe quelle femme, à tout moment de sa vie. Ce n'est ni un mensonge, ni une folie, encore moins une négligence.
La future maman découvre la grossesse très tard, parfois au moment même de l'accouchement. Elle n'a pas de ventre visible ni de nausées. Parfois, elle continue même à avoir ses règles.
Quels sont donc les signes qui peuvent alerter ? Comment reconnaître un déni de grossesse ?
Faisons le point ensemble.
En bref :
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Le déni de grossesse, c'est être enceinte sans en avoir conscience. L'esprit bloque l'information, et le corps ne change presque pas.
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Les symptômes classiques de grossesse, comme la fatigue, les nausées et la prise de poids sont absents ou très atténués.
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Le déni partiel est découvert avant l'accouchement. Le déni total ou complet n'est découvert qu'au moment du travail.
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C'est un phénomène qui peut toucher les adolescentes comme les femmes ayant déjà eu des grossesses normales.
Qu'est-ce qu'un déni de grossesse ?
Le déni de grossesse est une situation dans laquelle une femme est enceinte sans en avoir conscience. La grossesse est découverte très tard, après les 3 premiers mois.
Ce n'est pas une volonté de cacher la vérité, mais c'est comme si le cerveau refusait la situation et n'a pas transmis les bonnes informations au corps. Physiquement donc, la femme enceinte ne manifeste pas, ou très peu, les signes habituels de la grossesse.
Aussi, le déni de grossesse n'a pas forcément de lien avec l'envie (ou non) d'être maman. Et une femme peut faire un déni de grossesse même après avoir déjà vécu une ou plusieurs grossesses sans difficulté.
Une association y est dédiée en France : l'Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG).
Déni de grossesse partiel ou complet
Pour un déni partiel, la grossesse est découverte entre la fin du premier trimestre et le terme. Et les choses s'accélèrent. Une femme qui a fait un déni de grossesse pendant 6 mois et qui vient de le découvrir peut voir des signes apparaître rapidement.
Il y a aussi le déni de grossesse complet ou total quand la femme ne prend conscience de son état qu'au moment où le travail commence, après 9 mois de grossesse. L'accouchement est donc dans les heures qui suivent.
Environ 1 femme sur 500 est touchée par le déni de grossesse au cours de sa vie. En France, 80 accouchements par an font suite à un déni de grossesse total.
Qu'est-ce qui provoque un déni de grossesse ?
Le déni de grossesse est un mécanisme de défense, une sorte de bouclier psychologique que l'esprit met en place pour vous protéger d'une réalité que vous ne pouvez pas encore gérer. Et plusieurs raisons peuvent pousser votre inconscient à dissimuler l'information :
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Un contexte de vie complexe : parfois, l'arrivée d'un enfant semble juste impossible dans l'esprit de la femme (précarité, séparation, environnement instable). Le cerveau décide alors que l'information n'est pas recevable pour assurer sa propre survie.
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La certitude de l'infertilité : quand on vous a dit plusieurs fois que vous ne pourrez jamais tomber enceinte, votre cerveau peut dénier une grossesse. Il trouvera toujours une autre explication logique aux symptômes (stress, digestion, fatigue...).
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Le poids de l'histoire personnelle : des traumatismes passés, une éducation très rigide ou une peur de la maternité peuvent être des freins invisibles. Le déni devient une sorte de bulle de protection contre cette angoisse.
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La discrétion du corps : c'est sans doute le plus impressionnant, parce que dans un déni, le bébé se fait discret. Même s'il continue à grandir, il veille à ne pas déformer votre ventre.
Les symptômes à reconnaître
Dans une grossesse classique, le corps envoie des signaux qui ne trompent pas. Mais c'est tout l'inverse lors d'un déni de grossesse : les symptômes habituels sont quasi absents. Voici donc ce qui se passe (ou plutôt, ce qui ne se passe pas) :
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Peu de changements physiques : les hormones qui sont censées être chamboulées se font discrètes, et le corps semble fonctionner comme d'habitude. Il n'y a pas de nausées matinales marquées, pas de fatigue, ni de tensions dans la poitrine.
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L'absence de ventre arrondi : au lieu de s'arrondir vers l'avant, votre utérus se développe en hauteur, le long de la colonne vertébrale (ce qui peut parfois provoquer un mal de dos persistant). Vos muscles abdominaux restent toniques et maintiennent le fœtus bien caché. Votre ventre reste donc plat ou prend une forme qui ne laisse pas deviner la présence d'un bébé.
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Le silence du bébé : normalement, les coups de pied rappellent qu'un bébé est en train de grandir dans votre ventre. Dans un déni, ces mouvements sont soit très faibles, soit absents. Vous pouvez facilement les confondre avec une digestion un peu bruyante ou autre chose sans importance.
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Le maintien du cycle : plusieurs femmes continuent d'avoir des saignements aux dates prévues de leurs règles. Elles continuent donc d'utiliser leurs protections habituelles, comme les pads menstruels de La Bande à Anna, sans se douter que leur corps héberge une vie.
Dans certains cas, le déni n'est pas vide de sensations. Les symptômes sont simplement si discrets ou atténués qu'ils ne mettent pas la puce à l'oreille. Une légère prise de poids sera mise sur le compte d'un changement d'alimentation, et une fatigue passagère sur le compte du travail.
Le plus souvent, le signe d'un déni de grossesse qui pousse à consulter est la douleur abdominale. Et on pense à tout sauf à un bébé ! Sur le moment, on imagine une crise d'appendicite ou des crampes d'estomac. Dans le cas d'un déni total, ce sont parfois les contractions de l'accouchement qui donnent l'alerte.
Évidemment, un mal de ventre peut cacher mille et une choses (syndrome prémenstruel (SPM), digestion difficile, endométriose…).
Le mieux, c'est de toujours écouter vos ressentis. Ne restez donc pas avec vos doutes. Si votre corps vous envoie un signal qui ne ressemble à rien de connu, un petit tour chez le médecin est toujours une bonne idée.
Un soupçon de déni de grossesse peut apparaître à la suite de sensations étranges (le fameux « ça bouge dans mon ventre ») ou un mal de dos inhabituel. Que vous soyez à 6 mois ou proche des 9 mois, un test de grossesse reste la première étape, même si un déni de grossesse avec test négatif peut arriver en cas de mauvaise utilisation du kit
Comment confirmer un déni de grossesse ?
Si vous avez un doute ou qu'une douleur soudaine vous pousse à consulter, le diagnostic repose sur des examens classiques :
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Le test de grossesse (HCG) : qu'il soit urinaire ou sanguin, il reste fiable puisque les hormones de grossesse circulent dans votre corps, même si votre esprit n'en a pas conscience.
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L'échographie : elle permet de dater la grossesse et de vérifier la santé du bébé. Pour beaucoup de femmes, voir l'image sur l'écran est le déclic qui leur fait sortir du déni.
Une fois le choc de la nouvelle passé, la priorité est de prendre soin de vous et de ce futur bébé. Prenez rendez-vous pour une consultation prénatale complète. Il faut rattraper les examens habituels (bilans sanguins, dépistages) pour s'assurer que tout va bien.
Au-delà du médical, l'accompagnement psychologique va beaucoup vous aider. La future maman a besoin de soutien pour digérer la nouvelle, libérer ses émotions et éventuellement tisser un lien avec son enfant.
Le plus incroyable dans un déni de grossesse, c'est la réaction du corps après l'annonce. Une fois qu'on a mis le mot sur la situation, le verrou psychologique finit par sauter. C'est comme si le corps recevait l'autorisation de montrer le bébé.
Le ventre peut donc s'arrondir en seulement quelques heures ou quelques jours. Les symptômes qui étaient silencieux pendant des mois se réveillent brusquement : vous commencez à sentir le bébé bouger, la fatigue arrive, et les envies se font sentir.
Risques à anticiper
Découvrir une grossesse tardivement n'est pas sans conséquences, tant pour la maman que pour le bébé. Si la plupart des histoires se terminent bien grâce à un accompagnement adapté, voyons les points de vigilance pour mieux les anticiper.
Pour la future maman
Le choc psychologique est le risque principal. Passer de "je ne suis pas enceinte" à "je vais accoucher" en quelques semaines (ou quelques minutes) est un traumatisme pour l'esprit. Et beaucoup de femmes s'en veulent de ne pas avoir su, ce qui peut provoquer une grande anxiété et un sentiment de culpabilité.
N'ayant pas eu 9 mois pour se préparer, la mère peut aussi ressentir une forme de détachement face à ce bébé qui arrive soudainement. Le risque de dépression post-partum est plus élevé puisqu'elle doit assimiler l'annonce, l'accouchement et la vie de parent en même temps.
Pour le bébé
Le risque pour l'enfant est surtout lié à l'absence de suivi médical pendant les premiers mois de grossesse.
Puisque la mère ne savait pas qu'elle était enceinte, elle a pu consommer de l'alcool, du tabac ou certains médicaments contre-indiqués. C'est pourquoi un bilan de santé complet est une priorité dès la découverte.
Dans certains dénis, le bébé peut naître un peu plus tôt ou avec un poids plus faible. Un suivi plus attentif chez le pédiatre est donc recommandé pour s'assurer qu'il grandit bien.
Conclusion
La découverte d'un déni de grossesse est presque toujours un séisme émotionnel. En un instant, le temps se comprime : vous faites face à une situation surprise que d'autres préparent en 9 mois. Et ça demande beaucoup de courage et de l'indulgence envers soi-même.
Si vous traversez cette situation, rappelez-vous que vous n'êtes pas en retard, vous commencez juste votre histoire autrement. Le lien avec votre bébé, même s'il ne s'est pas construit dans les premiers mois, peut devenir tout aussi fort et solide par la suite.
Toute l'équipe de La Bande à Anna vous envoie beaucoup de douceur. Nous soutenons les femmes dans toutes les étapes de leur vie intime, des règles à la maternité, et nous savons à quel point le corps peut être mystérieux et puissant. Prenez le temps qu'il vous faut, entourez-vous des bons professionnels, et surtout, faites-vous confiance.
Tout savoir sur le déni de grossesse : vos questions fréquentes
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Les signes classiques d'un déni sont justement l'absence des symptômes habituels de grossesse : le ventre reste plat, les nausées n'apparaissent pas et les seins ne changent pas de volume. Certaines femmes continuent même d'avoir des saignements mensuels qui imitent les règles.
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Oui ! Même avec un déni de grossesse, des règles abondantes ou légères peuvent revenir chaque mois. En réalité, ce sont des métrorragies et non de vraies règles (qui marquent l'absence de fécondation). Et ça rend la détection de la grossesse encore plus complexe.
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Puisque le cerveau ne reconnaît pas la grossesse, le corps s'adapte physiquement pour cacher l'enfant : le bébé se place souvent verticalement, le long de la colonne vertébrale. Les muscles abdominaux restent très toniques et ne se détendent pas, ce qui maintient l'utérus vers le haut plutôt que vers l'avant. Le fœtus occupe l'espace disponible sans déformer la silhouette de la mère.
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Oui, les tests de grossesse urinaires ou sanguins sont tout à fait capables de détecter un déni. Ils mesurent l'hormone HCG qui est bien présente dans le corps. Mais dans les cas de déni, la femme ne pense généralement pas à faire de test. Ça arrive aussi qu'un test soit mal interprété ou fait trop tôt. Ca renforce par erreur la certitude de ne pas être enceinte.
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Par définition, c'est impossible de savoir soi-même que l'on fait un déni puisque l'esprit bloque l'information. En revanche, si vous ressentez des mouvements inhabituels dans le ventre ou si vous avez des douleurs abdominales, consultez un médecin. Une échographie ou une prise de sang vont lever le doute et mettre des mots sur vos sensations.
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Oui, c'est tout à fait possible de faire un déni de grossesse avec un stérilet, car aucune méthode contraceptive n'est efficace à 100 %. La présence du stérilet peut même renforcer le déni : la femme se sentant protégée, elle n'envisage pas du tout une grossesse malgré d'éventuels changements physiques. Le cerveau utilise alors la sécurité de la contraception comme un argument supplémentaire pour maintenir le blocage.
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