Par Tina R.
Santé intime : tout savoir sur les perturbateurs endocriniens
Nous avons abordé ensemble des étapes clés de notre vie de femme, du début des règles, à la ménopause. Et tous ces moments ont un point commun : ils sont pilotés par les hormones. On a donc décidé de parler de ceux qui viennent brouiller les pistes : les perturbateurs endocriniens (PE).
Ces substances, on les retrouve un peu partout (et même chez certaines marques de protections hygiéniques). Ils ne sont pourtant pas inofensifs et peuvent avoir des impacts sur votre cycle, votre humeur, votre qualité de vie...
On vous détaille tout ici.
L'essentiel en 4 points :
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Le système endocrinien produit des hormones. Celles-ci transmettent des commandes, comme le déclenchement de l'ovulation, pour que le corps lance l'action.
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Les perturbateurs endocriniens imitent, bloquent ou modifient ces messages hormonaux. Ils peuvent être des substances naturelles ou chimiques.
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On les retrouve partout dans notre quotidien, de l'alimentation aux cosmétiques, en passant par les protections hygiéniques classiques.
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Une exposition prolongée peut entraîner des dérèglements du cycle, des problèmes de fertilité ou des maladies comme l'endométriose.
Le système endocrinien : comment ça fonctionne ?
Avant de parler de ceux qui perturbent, parlons du système qu'ils viennent perturber. Le système endocrinien fait référence à l'ensemble des glandes (thyroïde, ovaires, pancréas...) dans votre corps qui fabriquent des hormones.
Ces hormones qui sont produites circulent ensuite dans le sang. Elles vont donner des ordres, un peu comme des messagers chimiques. Pour qu'une action comme le déclenchement de l'ovulation ou la régulation de votre température se produise, une hormone doit se fixer sur un récepteur spécifique. Le message passe ensuite et votre corps fait son travail.
L’œstrogène et la progestérone indiquent, par exemple, à l'utérus quand se préparer pour une grossesse ou quand déclencher les règles. Et c'est un mécanisme de haute précision qui fait que votre corps fonctionne bien en harmonie.
Et les perturbateurs endocriniens ?
Ils peuvent être naturels ou chimiques, et agissent comme vos hormones naturelles. A cause de cette ressemblance, ils viennent perturber le mécanisme de votre corps et donnent de faux ordres à vos organes.
Le vrai danger, c'est qu'ils ne sont pas des poisons qui vous rendent malades tout de suite. On ne s'alarme pas puisque les effets ne sont pas immédiatement visibles, alors qu'ils s'installent progressivement et durablement dans votre organisme.
Ils provoquent une sorte de toxicité chronique : les dommages ne proviennent pas d'une seule exposition, mais de la répétition de petites doses sur des années. Ces substances s'accumulent d'ailleurs dans vos tissus graisseux et restent présentes dans votre corps pendant très longtemps. Elles finissent par saturer votre système après un certains temps.
Action des PE sur le corps
Pour dérégler votre santé, les perturbateurs endocriniens peuvent agir de différentes façons :
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Le mimétisme : il va tellement ressembler à l'une de vos hormones, surtout à l'œstrogène, qu'il prend leur place. En recevant un faux signal, votre corps va réagir inutilement ou faire quelque chose au mauvais moment.
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Le blocage : le perturbateur s'installe sur vos récepteurs mais ne transmet aucune consigne. Il bloque juste l'accès et quand votre véritable hormone arrive pour faire son travail, elle ne peut plus passer. Le message est donc perdu puisque votre corps n'a pas pu recevoir la commande.
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L'interférence de production : ces substances peuvent freiner ou accélérer la fabrication de vos propres hormones. Elles peuvent aussi encore gêner leur élimination par le foie. Il y a donc des surplus ou des manques qui dérèglent l'ensemble de votre métabolisme.
Où se cachent-ils ?
Puisque la liste des perturbateurs endocriniens est très longue, ils sont malheureusement très répandus dans les objets de votre quotidien :
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Alimentation : dans les résidus de pesticides sur les fruits et légumes, les herbicides et des additifs alimentaires
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Eau du robinet : des traces de résidus médicamenteux (comme des restes de pilules contraceptives), de pesticides ou de métaux lourds qui peuvent être présents
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Contenants plastiques : des phtalates et des bisphénols (BPA, BPS, BPF) qui migrent des emballages ou des bouteilles vers vos aliments, surtout si vous les chauffez
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Cosmétiques et soins : des filtres UV chimiques, des parabènes qui servent de conservateurs, des phtalates qui fixent les parfums synthétiques des gels douche ou des vernis.
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Environnement intérieur : les revêtements antiadhésifs des poêles (PFAS), les retardateurs de flamme sur les textiles et même certains produits ménagers parfumés
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Textile : les textiles de maison (rideaux, tapis)..., mais aussi vos vêtements et, plus surprenant, certaines culottes menstruelles qui utilisent des traitements chimiques pour l'imperméabilité
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Autres : herbicides pour le jardinage, jouets des enfants et objets en PVC souple, tickets de caisse, amalgames dentaires...
Leurs portes d'entrée dans votre organisme
Vous vous demandez peut-être comment une poêle ou un ticket de caisse finit par dérégler vos hormones. En fait, les perturbateurs endocriniens qu'ils contiennent peuvent être avalés, inhalés ou passer directement à travers votre peau.
L'ingestion est la voie la plus courante. Les PE arrivent dans votre organisme quand vous mangez ou buvez. Il y a aussi l'inhalation et le passage par les poumons. Vous respirez ces substances sans même vous en rendre compte. Elles peuvent se trouver dans les poussières de la maison, les vapeurs de produits ménagers, les parfums d'ambiance ou les solvants des peintures neuves.
Vous le savez peut-être déjà, mais votre peau n'est pas totalement étanche. Elle absorbe les composants de vos produits de beauté, les résidus chimiques de vos vêtements et les substances présentes dans vos protections périodiques et vos sous-vêtements.
Les PE dans les protections hygiéniques
La zone intime est plus sensible parce que sa muqueuse est plus fine et absorbante que la peau de vos mains. Elle est surtout conçue pour être perméable. Si vous placez un produit chimique sur cette partie du corps pendant plusieurs jours chaque mois, votre corps l'absorbe directement.
Plusieurs substances nocives sont pourtant présentes dans les serviettes et les tampons jetables que beaucoup de femmes continuent à utiliser, si on ne cite que le glyphosate et les dioxines.
Mais le plus triste on va dire, c'est que même en voulant bien faire, on peut encore se faire avoir. On entend dire que les protections réutilisables sont "LA" solution miracle, mais la réalité est moins rose quand on regarde la liste des matériaux utilisés.
Plusieurs marques de culottes menstruelles et de serviettes hygiéniques lavables utilisent intentionnellement des traitements chimiques pour rendre les produits imperméables (et pour éviter les odeurs).
On y retrouve des PFAS (ces polluants éternels que le corps a du mal à éliminer) utilisés pour leur côté "anti-tache" et imperméable, ou encore des nanoparticules d'argent pour leur action antibactérienne.
Adoptez les pads menstruels de La Bande à Anna et dites stop aux PE dans votre intimité. Nos protections ont fait l'objet d'une analyse SGS, et aucun PFAS n'a été détecté. Elles sont aussi sans parfums, hypoallergéniques, confortables et efficaces pour vous protéger des fuites.
Les risques associés aux PE pour la santé féminine
Votre corps peut montrer des signes de déséquilibre à force de subir des attaques répétées. L'exposition aux PE est d'ailleurs liée à plusieurs problèmes de santé féminine :
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Endométriose : cette pathologie dépend des hormones et les PE qui miment les œstrogènes pourraient favoriser son développement ou aggraver les symptômes
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Troubles du cycle : les PE peuvent accentuer les symptômes du syndrome prémenstruel (SPM), rendre les règles plus hémorragiques ou les cycles très irréguliers
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Fertilité et grossesse : ils peuvent entrainer une difficulté à concevoir et un dérèglement de l'ovulation. Ils peuvent aussi traverser la barrière placentaire pendant la grossesse
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Problème de thyroïde : chute de cheveux, fatigue qui ne passe pas, prise de poids inexpliquée ou sautes d'humeur plus marquées sont parmi les conséquences de ces substances nocives
Le souci, c'est que nos hormones contrôlent presque tout dans notre corps. Les effets délétères des PE dépassent donc le cadre des règles et de la santé intime. On les soupçonne aussi de fragiliser nos défenses, de favoriser l'obésité, le diabète et même certains cancers.
Comment réduire notre exposition aux PE ?
Même si on ne peut pas vivre dans une bulle, on peut réduire la charge de toxine que notre foie doit traiter. Le plus simple, c'est déjà de réduire la quantité de PE qu'on fait entrer par notre bouche. Autant que possible, consommez local et bio.
Remplacez les boîtes en plastique par du verre ou de l'inox, et ne faites jamais chauffer de plastique au micro-ondes (choisissez aussi des bouilloires en verre ou en inox, soit dit en passant, et évitez celles qui ont du plastic en contact direct avec l'eau chauffée).
Côté ménage, aérez vos pièces pendant au moins 10 minutes par jour, même en hiver. C'est pour évacuer les substances volatiles des meubles et sols. Les produits d'entretien sans chichis, comme le bicarbinate de soude, sont aussi une très bonne option. Ils ne sont pas agressifs mais restent efficaces.
Il est aussi temps de nous intéresser aux étiquettes des produits qu'on utilise. Ça concerne les produits ménagers, les produits de beauté, les jouets pour nos enfants, nos vêtements, nos protections hygiéniques... Si la liste des composants ressemble à un dictionnaire de chimie, vérifiez si c'est sain ou passez juste votre chemin (de même si les composants ne sont pas clairement affichés).
Conclusion
Se soucier de votre bien-être, c'est aussi faire le tri dans ce que vous laissez entrer dans votre corps (et surout dans votre intimité). Les perturbateurs endocriniens font partie des défis de notre époque, mais avec les alternatives naturelles et transparentes, vous pouvez retrouver votre équilibre naturel.
Le plus important, c'est d'en prendre conscience et de commencer par un simple changement à la fois. Vous n'avez pas besoin d'être parfaite ou de tout changer du jour au lendemain. Chaque petite décision pour réduire votre exposition aux PE est déjà une victoire pour votre santé future.
Vos questions fréquentes
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Vous ne pouvez pas vous détoxifier rapidement et par magie, mais vous pouvez aider votre foie à faire le tri ! Buvez beaucoup d'eau (filtrée de préférence pour éviter les résidus) et misez sur les fibres pour éliminer naturellement les toxines accumulées.
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L'astuce, c'est de privilégier le bio pour limiter les pesticides et d'éviter le plastique en cuisine. Ne faites jamais chauffer vos restes dans des contenants en plastique : utilisez du verre ou de l'inox pour que les substances ne migrent pas dans votre assiette.
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Oui, et ce sont même des redoutables ! Ces "polluants éternels" utilisés pour rendre les objets imperméables s'installent dans votre sang et perturbent la fonction de vos hormones sur le très long term
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Fatigue inexpliquée, cycles douloureux, problèmes de fertilité, prise de poids ou même des cancers... et ce ne sont que des exemples. En gros, ils brouillent les messages de votre corps, ce qui finit par épuiser votre vitalité globale.
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