Par Natacha C.
Vaginisme : symptômes et traitement
Même si vous avez très envie, votre corps dit stop net quand ça devient plus sérieux. La pénétration fait mal, c'est très difficile ou impossible. Et c'est même le cas pour un doigt, un tampon ou un spéculum pour les examens chez le gynéco.
On parle alors de vaginisme, un problème qui concerne plusieurs d’entre nous (et la majorité en souffrent en silence). Les muscles autour du vagin d’une femme se contractent sans qu'on le demande et c'est un vrai verrou à l'entrée.
Contrairement aux idées reçues, le vaginisme est un vrai blocage qui implique le physique et les émotions. Ce n'est pas que dans la tête, encore moins un signe de frigidité.
La bonne nouvelle, c'est qu'il y a de vraies solutions pour débloquer la situation.
Vous voulez en savoir plus ou vous vous sentez concernée ?
Parlons en ouvertement !
L'essentiel :
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Le vaginisme est une contraction involontaire des muscles du périnée qui bloque l'entrée du vagin et qui rend la pénétration (sexe, tampon, spéculum) douloureuse ou totalement impossible.
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Les causes qui amènent le corps à se mettre en mode défense sont multifactorielles et peuvent être physiques (infections, séquelles d'accouchement) et/ou psychologiques.
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Le vaginisme primaire se manifeste depuis la première tentative de pénétration, et le vaginisme secondaire est acquis après un événement douloureux ou traumatique.
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Le vaginisme se soigne très bien grâce à une prise en charge globale qui combine la rééducation périnéale et l'accompagnement psychologique.
Vaginisme, c'est quoi ?
Par définition, le vaginisme est un trouble sexuel et il touche 5 à 17 % des femmes. C'est quand les muscles du périnée ont des contractions sans vous demander votre avis. Ils se transforment en mur de défense dès qu'il y a une tentative d'intrusion (même le fait d'y penser peut le déclencher).
C'est un réflexe de protection qui est totalement inconscient. Il rend la pénétration difficile, douloureuse ou même. Et ça ne concerne pas que le sexe, ça peut aussi se manifester lors :
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De l'introduction d'un doigt ou d'un tampon
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De l'insertion d'autres protections internes
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D'un prélèvement vaginal
Ce n'est donc pas vous qui choisissez de serrer les fesses (même si, parfois, on en a bien envie !). C'est votre corps qui dit stop en créant une barrière physique.
Les règles peuvent être un stress supplémentaire pour celles qui sont concernées par le vaginisme : on évite de se torturer avec l'insertion d'un tampon ou d'une coupe et on privilégie bien-sûr les protections externes. L'option la plus saine et confortable, ce sont les pads lavables de La Bande à Anna. Elles sont douces, naturelles, absorbantes et sans additif chimique ou substances nocives.
Comment ça se manifeste ?
Les symptômes du vaginisme varient d'une femme à une autre. Le plus fréquent est la douleur qui est souvent décrite comme :
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Une appréhension : votre corps associe la pénétration à une douleur anticipée, donc la simple idée ou la mise en situation peut provoquer une anxiété et une tension qui aggravent le spasme initial
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Une sensation de blocage : au lieu de sentir une ouverture ou une souplesse, vous avez l'impression de heurter une sorte de résistance comme un mur ou un verrou qui s'est refermé
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Une brûlure ou un écrasement : une douleur aiguë, un peu comme une brûlure au vagin, une déchirure, une sensation d'écrasement ou de spasme très intense
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Une dyspareunie : une douleur qui peut être superficielle ou profonde au niveau du vagin dès la tentative d'insertion (même avant l'entrée complète)
La pluspart du temps, la tentative de pénétration est interrompue en cas de vaginisme. Soit c'est la femme elle-même qui interrompt à cause de la douleur qu'elle ressent, soit le blocage physique empêche d'aller plus loin.
Un autre symptôme, c'est que vous n'avez pas décidé de contracter vos muscles. Votre volonté n'y change donc rien. Ça peut concerner les muscles des cuisses, des fesses ou même l'abdomen, en plus de ceux du périnée.
Il y a aussi les manifestations émotionnelles du vaginisme chez les femmes qui en souffrent :
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Frustration et culpabilité : ressentir l'impuissance de votre corps à répondre à votre désir ou à celui de votre partenaire, le sentiment d'être "anormale"
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Évitement : anticiper la douleur et éviter l'intimité ou les situations qui impliquent une pénétration, une stratégie de survie qui isole à long terme
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Impact sur la relation : avoir des tensions ou des malentendus avec un partenaire, surtout si le problème n'est pas bien compris
Les différents types de vaginisme
Le vaginisme se présente sous différentes formes selon son moment d'apparition et le contexte. L'objectif de ces classifications n'est pas de vous étiqueter, mais de vous aider et d'aider le corps médical à comprendre votre situation (et proposer le bon traitement).
Vaginisme primaire
Ce type de vaginisme existe depuis la première tentative de pénétration. Si vous êtes dans ce cas, vous n'avez jamais eu d'expérience intime avec pénétration. Aussi, vous n'avez pas encore réussi ni à insérer une protection hygiénique interne, ni à tolérer un examen gynécologique.
Le plus souvent, c'est lié à une peur de l'inconnu, à une éducation restrictive sur la sexualité, ou à une anxiété face à la douleur.
Vaginisme secondaire
Après une période où tout allait bien, la pénétration devient difficile ou impossible. Vos muscles ont donc commencé à dire "non" après une mauvaise expérience, une sorte d'événement déclencheur.
L'apparition de ce type de vaginisme est souvent associé à :
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Une infection ou une maladie chronique qui provoque une douleur persistante (comme l'endométriose ou des mycoses vaginales récidivantes)
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Un accouchement difficile ou traumatisant
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Un traumatisme psychologique
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Une intervention chirurgicale
Vaginisme phobique
Ce type de vaginisme est dominé par l'anxiété. La peur de la douleur est tellement intense que ça déclenche rapidement le spasme (parfois, ça peut même arriver avant tout contact). Et c'est un cercle vicieux où l'anticipation de la douleur provoque l'anxiété, l'anxiété produit une tension musculaire, et cette tension fait ressentir plus de douleur.
Pour faire la distinction, un vaginisme primaire peut être phobique (peur de l'inconnu), mais un vaginisme secondaire peut le devenir si l'événement déclencheur a laissé une peur de la pénétration.
Types de vaginisme selon l'intensité
On peut classer le vaginisme selon son étendue, du plus complet au plus sélectif :
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Vaginisme total ou global : c'est le niveau maximum et aucune pénétration n'est possible, que ce soit un doigt, un tampon, un pénis ou le spéculum.
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Vaginisme partiel : le blocage existe, mais la pénétration est possible mais reste très douloureuse, difficile ou incomplète
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Vaginisme situationnel : la pénétration peut être réussie ou non selon le contexte
A titre d'exemples pour le vaginisme situationnel, l'insertion de votre doigt ou le fisting vaginal peut passer sans problème, mais le spasme pointe le bout de son nez quand vous êtes avec un partenaire. Ça peut même être réussi avec certaines personnes et bloqué avec d'autres.
Ce qui provoque ce trouble
C'est rare que le vaginisme soit causé par une seule chose (sauf si c'est un vaginisme secondaire qui vient juste après un événement précis). C'est plutôt un mélange de facteurs physiques et psychologiques qui s'accumulent et amplifient la réaction de défense de votre corps.
Les déclencheurs physiques
L'origine de ce trouble est souvent une sorte de fausse alarme : les nerfs envoient des signaux de danger au cerveau même quand il n'y a aucune menace réelle. D'autres causes peuvent aussi s'y ajouter :
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Les médicaments : des traitements qui provoquent une sécheresse vaginale (et donc une pénétration douloureuse)
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Les infections ou la peau fragile : mycoses, cystites et vaginites à répétition, ou problèmes de peau comme le lichen scléreux
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Les conséquences d'accouchement : des séquelles d'un accouchement difficile (déchirures, épisiotomie) ou une chirurgie intime
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Une expérience douloureuse : une pénétration qui a fait mal est enregistrée par votre cerveau comme un danger potentiel
Les facteurs psychologiques
La phobie de la pénétration (coïtophobie) et la hantise d'avoir mal (algophobie) créent un cercle vicieux. La peur contracte, la contraction fait mal, et la douleur renforce la peur. Il y a aussi :
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Les traumatismes : un antécédent d'agression ou d'abus sexuel, ou une expérience humiliante lors d'un examen médical
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La peur de la grossesse : la crainte de tomber enceinte crée un blocage psychologique qui produit la contraction réflexe
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La pression de performance : l'obligation d'atteindre l'orgasme ou de répondre aux attentes d'un partenaire
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L'éducation et les tabous : une éducation très stricte qui diabolise le corps féminin ou qui associe la sexualité à la honte ou au danger
Votre partie intime est très sensible et la santé vaginale est bien plus délicate qu'on ne le croit ! Le choix d'une protection pendant les règles doit donc toujours être réfléchi (on en porte pendant plus de 60 jours par an !). Eh oui, les irritations, les démangeaisons et les infections à répétition fragilisent la zone. À la longue, ça peut causer un vaginisme secondaire.
Les pads lavables de La Bande à Anna sont justement adorées pour leur douceur, mais leur vrai atout va au-delà : elles sont très fines, elles absorbent super bien, et laissent votre peau respirer.
La prise en charge
Même si aucun médicament ne peut traiter le vaginisme, c'est un trouble qui se soigne très bien et le taux de guérison est assez élevé : 95 % des patientes avec une bonne prise en charge peuvent s'en débarrasser en moins d'un mois.
Diagnostic
Faites le premier pas et consultez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. Vous aller lui parler de vos symptômes et de ce que vous ressentez dans l'intimité. Pour commencer son examen, le professionnel va observer votre vulve et l'entrée de votre vagin pour écarter toute autre cause physique de la douleur (éventuellement, ça peut être infection ou des problèmes d'anatomie).
Dans les cas de vaginisme, l'insertion d'un seul doigt ou même la simple approche va déclencher le spasme. Le professionnel pourra sentir la contraction involontaire des muscles du périnée, ce qui confirme le diagnostic.
Pendant la consultation, retenez toujours que vous pouvez refuser un toucher vaginal si vous ne le souhaitez pas. Vous avez le droit de demander un examen très rapide, juste visuel, ou même de l'interrompre à tout moment. Et un bon praticien ne forcera jamais l'insertion du spéculum si vous souffrez de vaginisme. L'objectif n'est pas de vous traumatiser davantage, mais de valider la présence du spasme pour démarrer le traitement.
Traitement du vaginisme
L'approche dépend de l'origine du vaginisme. Votre médecin ou gynéco peut vous orienter vers une rééducation périnéale pour réapprendre aux muscles à se détendre. Les séances pourront comprendre des massages et des exercices de respiration.
A la maison, on peut vous conseiller l'application de chaleur et l'utilisation de lubrifiants. Il y a aussi les dilatateurs vaginaux, des dispositifs lisses, de taille progressive (souvent en plastique ou en silicone), que vous allez insérer vous-même.
L'idée, c'est de commencer par la plus petite taille et de progresser très lentement vers la plus grande. Vous allez habituer votre corps à une présence sans danger et prouver à votre cerveau que la pénétration du vagin n'est pas synonyme d'agression. Vos muscles pourront enfin relâcher la garde.
Le traitement peut aussi inclure un travail sur vos peurs et tensions. Votre médecin ou gynéco peut vous orienter vers :
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La pleine conscience et la relaxation : la sophrologie, l'hypnose ou le yoga peuvent vous aider à réduire l'anxiété, à vous détendre et à mieux vous connecter avec votre corps
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La sexothérapie : un sexologue vous aidera à identifier les causes psychologiques (traumatismes, peurs, anxiété, éducation) et à modifier la perception de la pénétration. Il peut vous donner des exercices pour reprendre confiance en votre corps
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La thérapie cognitive et comportementale (TCC) : Cette approche vise à briser le cercle vicieux de la peur/douleur/spasme en travaillant sur vos pensées automatiques et vos réactions physiques
Conclusion
Le vaginisme vous parle de près ou de loin ? Vous n'êtes pas seule, et la solution est à portée de main. Ce trouble n'est pas un défaut mais plutôt une sonnette d'alarme. Votre corps, par un réflexe de survie, essaie de vous protéger d'une douleur passée, d'une anxiété, ou d'une peur bien ancrée. Même si elle part d'une bonne intention, cette alarme peut et doit être déprogrammée.
Le vaginisme se soigne très bien. Le traitement est efficace et, rassurez-vous, on ne va pas forcer votre corps ! Vous allez reprendre le contrôle de vos muscles et de votre esprit à votre rythme. Donnez-vous le droit d'être patiente, de vous faire accompagner par des professionnels, et de vous décharger de toute culpabilité. C'est votre corps, il vous appartient !
Et souvenez-vous : vous méritez une intimité épanouissante et sereine.
FAQ autour du vaginisme et de la pénétration
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Le vaginisme est un trouble sexuel féminin caractérisé par une contraction involontaire des muscles autour du vagin. Cette réaction réflexe crée un verrou physique, rendant la pénétration (sexe, tampon, doigt, spéculum) douloureuse ou impossible. Ce n'est pas un manque de désir, mais bien un spasme que le corps déclenche pour se protéger.
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Le signe le plus évident est un blocage total ou une douleur aiguë (comme heurter un mur) dès la tentative de pénétration. Si vous ne pouvez pas insérer un doigt, un tampon, ou tolérer un examen gynécologique, c'est très probablement un vaginisme. Ce n'est pas un manque de désir, mais une réaction physique involontaire de vos muscles pelviens.
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La guérison repose sur une approche globale et très graduelle, et vous avez surtout besoin de l'aide d'une équipe de spécialistes (et bienveillants). Vous devez réapprendre à vos muscles à se détendre avec la rééducation périnéale, et désensibiliser la zone avec les dilatateurs vaginaux. Un accompagnement psychologique permet aussi de déprogrammer la peur et l'anxiété qui alimentent le spasme.
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C'est le terme médical pour désigner le fait d'avoir mal pendant ou après une relation intime impliquant une pénétration. Dans le cas du vaginisme, c'est cette douleur vive qui vous pousse à arrêter immédiatement l'insertion. Elle est causée par la contraction involontaire des muscles, ce qui rend l'entrée du vagin anormalement serrée.
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Absolument pas ! Le vaginisme est un problème de muscles à l'entrée du vagin, mais il n'a aucun impact sur votre fertilité interne (vos ovaires et votre utérus vont très bien). Le blocage étant physique, des options comme la Procréation Médicalement Assistée (PMA) ou une insémination restent tout à fait possibles. Ce trouble est un obstacle temporaire à la pénétration, pas un frein définitif à la maternité.
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Malheureusement, il est très rare que ce trouble se résolve spontanément. Il s'agit d'un réflexe conditionné que le cerveau a du mal à déprogrammer. Attendre qu'il passe seul risque d'aggraver votre anxiété et de renforcer le spasme avec le temps. Pour briser ce cercle vicieux, une intervention ciblée et progressive (thérapie ou rééducation) est généralement nécessaire.
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