Par Natacha C.
Comprendre, traiter et vivre avec l'adénomyose
Vous connaissez sûrement l'endométriose, sa cousine célèbre et un peu rebelle. Mais avez-vous déjà entendu parler de l'adénomyose ? Si vos règles deviennent de plus en plus douloureuses, que ça joue les prolongations et que vos saignements deviennent imprévisibles, vous êtes au bon endroit. Il s'agit peut-être d'une adénomyose.
L'adénomyose est une maladie gynécologique qui touche le muscle de l'utérus. Elle est parfois discrète, mais elle peut sérieusement pimenter (un peu trop à notre goût !) la vie de nombreuses femmes.
On fait les présentations ? Voici tout ce qu'il faut savoir.
L'adénomyose en 5 points :
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L'adénomyose est une maladie qui touche le muscle de l'utérus. Même si elle ne met pas la vie des patientes en danger, elle peut bouleverser fortement leur quotidien.
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Certaines femmes restent longtemps asymptomatiques, alors que d'autres ont des règles très abondantes, prolongées et des douleurs menstruelles intenses.
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L'adénomyose est fréquemment associée à l'endométriose, mais les deux ne sont pas systématiquement liées. On peut souffrir de l'une sans l'autre.
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Cette pathologie peut compliquer un projet de grossesse en perturbant l'implantation du fœtus, mais la maternité reste toutefois possible.
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Le traitement de l'adénomyose est surtout symptomatique et vise à aider les femmes à mieux vivre avec la maladie au fil des cycles.
Adénomyose, qu'est-ce que c'est ?
Pour comprendre l'adénomyose, faisons un petit détour par l'anatomie de votre utérus. Il est composé de deux couches principales :
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L'endomètre : c'est la tapisserie intérieure de l'utérus. Chaque mois, elle s'épaissit pour accueillir un éventuel bébé. S'il n'y a pas de fécondation, elle se détache, s'évacue, et vous avez vos règles.
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Le myomètre : c'est le muscle de l'utérus, situé juste en dessous de l'endomètre. Le myomètre est le grand responsable de ces contractions qui nous font grimacer pendant les règles ou un accouchement.
L'adénomyose, c'est quand le tissu de l'endomètre s'incruste à l'intérieur du myomètre. Ce tissu s'épaissit et saigne à chaque cycle, en temps normal.
Quand il est piégé dans le muscle, il réagit toujours de la même façon… sauf qu'il n'a nulle part où s'évacuer. L'utérus s'enflamme donc, devient plus gros, plus lourd et, vous l'avez deviné, parfois très douloureux.
Plus souvent, l'adénomyose est appelée endométriose interne. C'est parce que les cellules de l'endomètre se retrouvent à l'intérieur même de l'utérus au lieu de s'éparpiller ailleurs dans le ventre.
Et les deux pathologies font souvent la paire. Environ 1 femme sur 2 atteinte d'endométriose souffre aussi d'adénomyose. Mais ce n'est pas automatique. On peut tout à fait avoir l'une sans l'autre.
Les différents types d'adénomyose
On ne souffre pas toutes de la même façon, parce que l'adénomyose peut se manifester sous différentes formes :
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L'adénomyose diffuse (qui est la plus courante) : les cellules de l'endomètre s'éparpillent un peu partout dans le myomètre. L'utérus dans son ensemble prend donc du volume comme une éponge qui gonfle.
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L'adénomyose focale (ou localisée) : les cellules se regroupent à un endroit précis pour former une sorte de petite masse, qu'on appelle un "adénomyome". C'est un peu comme un petit intrus bien ciblé.
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L'adénomyose externe (plus rare) : elle commence par l'extérieur du muscle et c'est très souvent lié à l'endométriose profonde. L'adénomyose touche d'abord la couche superficielle de l'utérus avant de s'enfoncer plus loin.
Quand on vit avec l'adénomyose, les protections menstruelles ne sont plus un détail : elles sont au cœur du quotidien.
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Quels sont les causes et les facteurs de risques ?
La science sèche encore un peu sur la cause exacte de l'adénomyose. En tout cas, ce n'est pas de votre faute et ce n'est pas à cause de votre stérilet. Il y a toutefois certains facteurs qui semblent favoriser son apparition et que les chercheurs étudient de près :
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Le profil du cycle : des règles précoces, des cycles courts ou des règles particulièrement abondantes et longues dès l'adolescence.
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L'histoire de votre utérus : prédisposition des femmes qui ont vécu plusieurs grossesses ou avec un endomètre très développé.
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Le terrain hormonal : un excès d'œstrogènes (l'hormone qui fait pousser l'endomètre).
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L'hygiène de vie et l'âge : le surpoids ou simplement l'approche de la quarantaine.
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L'hérédité : la maladie pourrait être plus fréquente dans certaines familles.
Le débat reste ouvert concernant les césariennes ou d'autres chirurgies de l'utérus : peuvent-elles déclencher l'adénomyose ? On ne le sait pas encore. Idem pour certains soucis de placenta par le passé. Les médecins observent des liens, mais n'ont pas encore de preuve formelle.
L'adénomyose concerne environ 10 % des femmes selon l'OMS. Ce chiffre grimpe à 30 % chez les femmes qui consultent spécifiquement pour des saignements anormaux, des douleurs au bas-ventre ou des soucis de fertilité.
Symptômes et diagnostic
Dans la majorité des cas, l'adénomyose est une grande timide qui ne provoque aucun symptôme. Vous pouvez donc avoir des cellules qui ne sont pas là où il faut sans le savoir. Les symptômes peuvent pourtant être très présents pour d'autres :
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Ménorragies ou règles hémorragiques : des règles de plus de 7 jours ou des protections saturées toutes les heures.
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Dysménorrhée : les douleurs des règles que vous ressentez comme des crampes ou une sensation de pesanteur.
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Douleurs chroniques : des douleurs qui s'invitent tout au long du mois, notamment lors des rapports sexuels (dyspareunie) ou sous forme de pesanteur.
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Adénomyose et fatigue chronique : la perte de sang importante cause une anémie (carence en fer) et peut épuiser tout votre corps.
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Difficulté à concevoir : implantation difficile liée à un utérus moins accueillant pour l'embryon.
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Endo-belly : vous avez le ventre ballonné ou gonflé, dur et sensible au toucher.
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Douleurs articulaires : l’inflammation causée par l'adénomyose peut s'étendre et toucher d'autres zones, y compris les articulations.
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Autres signes associés : douleurs lombaires qui irradient dans les jambes, transit perturbé et envie fréquente d'uriner (si l'utérus est antéversé et s’appuie sur la vessie).
Si vous vous reconnaissez dans ces signes, consultez un gynécologue ou une sage-femme spécialisée. Ces symptômes peuvent être liés à l'adénomyose, mais aussi à d'autres affections. Avec un diagnostic professionnel, vous aurez une bonne prise en charge.
Gérer les douleurs et les règles hémorragiques est un vrai défi pour le moral (et le confort !). Les pads menstruels de La Bande à Anna sont justement pensés comme un cocon de douceur pour ces moments-là : ultra-absorbants pour oublier les fuites et garantis sans produits chimiques pour respecter votre corps et votre intimité.
Diagnostic de l'affection
Un gynéco-obstétricien ou une sage-femme spécialisée commence son diagnostic par un examen clinique. Votre utérus pourrait par exemple être sensible pendant un toucher vaginal.
Ça se poursuit ensuite par l'imagerie :
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Échographie : un examen gynécologique à faire idéalement en deuxième partie de cycle pour voir si l'utérus a changé de forme ou de taille. L'adénomyose à l'échographie se repère par un aspect hétérogène du muscle utérin.
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Imagerie par résonance magnétique (IRM) : un examen de précision pour localiser les foyers de l'adénomyose et la différencier d'un fibrome.
Adénomyose et fertilité
L'adénomyose joue souvent les trouble-fêtes quand on parle de grossesse ou de projet bébé. Environ 22 % des femmes qui rencontrent des difficultés à concevoir découvrent qu'elles ont une adénomyose.
L'inflammation créée par la maladie peut rendre l'utérus un peu moins accueillant pour l'embryon. Ça peut gêner la nidation ou augmenter le risque de grossesse extra-utérine et de fausses couches à répétition.
Mais (car il y a un grand MAIS très positif), de très nombreuses femmes mènent une ou plusieurs grossesses tout à fait normales, même avec une adénomyose. Si vous passez par un parcours de Procréation médicalement assistée (PMA), une IRM peut aider à évaluer la situation afin de vous proposer un suivi adapté.
Quelles sont les options de traitement ?
Jusqu'à maintenant, il n'existe pas de remède miracle pour guérir l'adénomyose. L'objectif est donc de dompter les symptômes pour améliorer votre confort. Votre désir de grossesse ou non va aussi déterminer le choix de votre traitement :
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Prise de médicament et contraception : on peut vous prescrire des anti-inflammatoires pour gérer la douleur ou une contraception qui va réduire l'épaisseur de l'endomètre. Il y aura moins de tissu à évacuer, donc moins de douleurs et moins de saignements.
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L'embolisation des artères utérines : si vous souhaitez conserver votre utérus pour un futur bébé, cette intervention permet de « couper les vivres » aux zones touchées par l'adénomyose en bouchant leurs petits vaisseaux. Ça peut aider pendant la planification d'une grossesse, mais les symptômes reviennent souvent dans les 2 ans qui suivent le traitement.
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L'hystérectomie : si les douleurs sont invivables et que votre projet famille est bouclé, vous pouvez opter pour une ablation de l'utérus. Mais si vous souffrez aussi d'endométriose en plus de l'adénomyose, cette opération ne suffira pas à tout régler.
Traitement naturel
Même si la science ne valide pas officiellement ces méthodes, de nombreuses femmes vivent mieux avec l'adénomyose grâce à ces astuces :
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La phytothérapie : des plantes comme le gattilier soutiennent l'équilibre hormonal, d'autres comme l'achillée millefeuille ou le framboisier détendent les muscles utérins.
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Les recettes anti-inflammatoires : on mise sur le curcuma et le gingembre pour apaiser l'inflammation, et on limite les aliments ultra-transformés.
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Le mouvement et la détente : le yoga, l'ostéopathie ou la kiné viscérale aident à libérer les tensions dans le bassin. Vous pouvez aussi opter pour l'acupuncture pour gérer la douleur chronique.
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La gestion du stress : parce que nos émotions et notre utérus se parlent en permanence, apprendre à souffler (méditation, repos) change parfois la donne sur l'intensité des crises.
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Le sommeil et le repos : l'adénomyose peut énormément fatiguer. Accordez-vous le droit de ralentir sans vous culpabiliser, surtout pendant vos règles.
Adénomyose et ménopause
Quand l'adénomyose est diagnostiquée chez une femme de plus de 40 ans, les médecins l'assimilent au vieillissement naturel de l'utérus. Mais ce n'est pas pour autant que les symptômes sont moins gênants.
La bonne nouvelle, c'est que ça a besoin d'œstrogènes pour vivre. Quand la ménopause arrive, l'adénomyose s'atrophie et finit par vous laisser tranquille (la plupart du temps).
Et en attendant ? Si vous êtes en période de préménopause et que les symptômes deviennent pesants, ne souffrez pas en silence "parce que c'est bientôt fini". Votre médecin peut vous proposer des traitements hormonaux ou des antidouleurs pour maintenir une certaine qualité de vie jusqu'à la ligne d'arrivée.
Toutes ces informations que nous partageons ne remplacent en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé, un diagnostic ou un traitement médical. Chaque personne est unique : demandez toujours conseil à votre médecin ou votre gynécologue avant de commencer un traitement, même naturel.
Conclusion
L'adénomyose est une réalité vécue par de nombreuses femmes. Elle impacte le corps, le moral et chamboule parfois tout le quotidien. Mais ce n'est pas une faiblesse, et encore moins une chose que vous devriez supporter en silence.
Au-delà de nos pads lavables, ce qui nous tient à cœur chez La Bande à Anna, c'est que chaque femme se sente comprise, écoutée et enfin outillée pour traverser ses cycles avec plus de sérénité. Nous méritons toutes cette attention.
Prenez soin de vous, écoutez vos limites, et rappelez-vous que la douceur est parfois la plus puissante des réponses à la douleur.
FAQ sur l'adénomyose
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Par définition, l'adénomyose utérine est une maladie qui se caractérise par l'infiltration de cellules de l'endomètre (la muqueuse intérieure) dans le myomètre (le muscle utérin). Ce tissu égaré continue de réagir aux hormones chaque mois, provoquant une inflammation, des douleurs et un gonflement de l'utérus.
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L'adénomyose ne met pas la vie des patientes en danger. Cependant, elle peut avoir un grand impact sur la qualité de vie à cause des douleurs intenses et de la fatigue chronique qu'elle provoque. Elle peut aussi rendre la conception plus difficile.
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Oui, bien sûr. Mais la pathologie peut rendre la conception plus difficile en affectant l'implantation de l'embryon et en augmentant le risque de fausse couche. Plusieurs femmes atteintes d'adénomyose ont toutefois eu une ou même plusieurs grossesses sans complications.
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Pas du tout ! Il n'y a aucun lien entre l'adénomyose et le cancer, et cette affection n'augmente pas non plus le risque de développer un cancer de l'utérus. Ce sont deux mécanismes totalement différents : l'adénomyose est une migration de tissus sains qui ne se trouvent pas au bon endroit.
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C'est une question de localisation : dans l'endométriose, les cellules s'installent en dehors de l'utérus (ovaires, intestins, etc.), tandis que dans l'adénomyose, elles restent coincées dans le muscle de l'utérus. Ce sont donc deux pathologies distinctes.
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